Planete femme

Poême

Textes — Par saya @ 06 novembre, à 19:04

Que j’aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L’or avec le fer.

À te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon cœur !
-Le serpent qui danse-
Charles Baudelaire


Texte

Textes — Par saya @ 10 novembre, à 02:33

 
Laisse mes talons aiguilles
Faire de moi une fille
Sans me regarder
Comme un objet
Sur le vent qui joue
Dévoile mes genoux
Mais jamais question d'attirer sur moi l'intention

 Sur mes longs cheveux
Derrière la couleur de mes yeux
Il y a juste quelqu'un qui veut
Etre une femme, une femme
Et sur le dessin de ma bouche
Tu as cette peau que tu touches
Il y a juste quelqu'un qui peut
Etre une femme, une femme

Être une femme, une femme

Laisse mes envies de soie
En dehors de toi
Mes jambes se croiser
Mon corps bouger
Mes sourires glamour
Mon parfum du jour
N'ont pas l'intention d'attirer sur moi la passion


Sur mes longs cheveux
Ah quelqu'un qui veut
Etre une femme une femme
Sur cette peau que tu touches
Quelqu'un qui peut être une femme
Quelqu'un qui peut être une femme


Derrière le charme
Juste une femme
Sans aucune arme
Juste une femme
Garde pour toi
Tous ses regards qui en disent long
Quand tu glisses sur moi
 Sur mes longs cheveux
Derrière la couleur de mes yeux
Il y a juste quelqu'un qui veut
Etre une femme, une femme
Et sur le dessin de ma bouche
Tu as cette peau que tu touches
Il y a juste quelqu'un qui peut
Etre une femme, une femme
Chanson-"Etre une femme"
Interprétée par Anggun 


Poême

Textes — Par saya @ 09 décembre, à 01:51

 

Je te touche et je vois ton corps et tu respires

Ce ne sont plus les jours du vivre séparés

C'est toi tu vas tu viens et je suis ton empire

Pour le meilleur et pour le pire

Et jamais tu ne fus si lointaine à mon gré

Ensemble nous trouvons au pays des merveilles

le plaisir sérieux couleur de l'absolu

Mais lorsque je reviens à nous que je m'éveille

Si je soupire à ton oreille

Comme des mots d'adieux tu ne les entend plus

 Elle dort Longuement je l'écoute se taire

C'est elle dans mes bras présente et cependant

Plus absente d'y être et moi plus solitaire

D'être plus près de son mystère

Comme un joueur qui lit aux dés un point perdant

 Le jour qui semble l'arracher à l'absence

me la rend plus belle et plus touchante que lui

De l'ombre elle a gardé les parfums et l'essence

Elle est comme un songe des sens

Le jour qui la ramène est encore une nuit

Buissons quotidiens à quoi nous nous griffâmes

La vie aura passé comme un air entêtant

Jamais rassasié de ces yeux qui m'affament

Mon ciel mon désespoir ma femme

Treize ans j'aurai guetté ton silence chantant

Comme le coquillage enregistre la mer

Grisant mon coeur treize ans treize hivers treize étés

J'aurai tremblé treize ans sur le seuil des chimères

treize ans d'une peur douce-amère

et treize ans conjurés des périls inventés

O mon enfant le temps n'est pas à notre taille

Que mille et nuits sont peu pour des amants

treize ans c'est comme un jour et c'est un feu de paille

Qui brûle à nos pieds maille à maille

le magique tapis de notre isolement

Cantique à Elsa-ouverture-

Louis Aragon

 

 

 



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