Planete femme

09 dé, 2007

Poême

Textes — Par saya @ 09 décembre, à 01:51

 

Je te touche et je vois ton corps et tu respires

Ce ne sont plus les jours du vivre séparés

C'est toi tu vas tu viens et je suis ton empire

Pour le meilleur et pour le pire

Et jamais tu ne fus si lointaine à mon gré

Ensemble nous trouvons au pays des merveilles

le plaisir sérieux couleur de l'absolu

Mais lorsque je reviens à nous que je m'éveille

Si je soupire à ton oreille

Comme des mots d'adieux tu ne les entend plus

 Elle dort Longuement je l'écoute se taire

C'est elle dans mes bras présente et cependant

Plus absente d'y être et moi plus solitaire

D'être plus près de son mystère

Comme un joueur qui lit aux dés un point perdant

 Le jour qui semble l'arracher à l'absence

me la rend plus belle et plus touchante que lui

De l'ombre elle a gardé les parfums et l'essence

Elle est comme un songe des sens

Le jour qui la ramène est encore une nuit

Buissons quotidiens à quoi nous nous griffâmes

La vie aura passé comme un air entêtant

Jamais rassasié de ces yeux qui m'affament

Mon ciel mon désespoir ma femme

Treize ans j'aurai guetté ton silence chantant

Comme le coquillage enregistre la mer

Grisant mon coeur treize ans treize hivers treize étés

J'aurai tremblé treize ans sur le seuil des chimères

treize ans d'une peur douce-amère

et treize ans conjurés des périls inventés

O mon enfant le temps n'est pas à notre taille

Que mille et nuits sont peu pour des amants

treize ans c'est comme un jour et c'est un feu de paille

Qui brûle à nos pieds maille à maille

le magique tapis de notre isolement

Cantique à Elsa-ouverture-

Louis Aragon

 

 

 


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